Une consultation qui mobilise massivement les habitants
Avec plus de 17 000 participants, la consultation citoyenne organisée par la Ville de Lyon a rencontré un succès rarement observé pour ce type de démarche. Lancée fin avril et clôturée début juin, elle avait pour objectif de recueillir l’avis des habitants de la Métropole sur l’avenir de la rue Grenette, cet axe stratégique reliant l’est et l’ouest de la Presqu’île.
Le verdict est sans appel : 72 % des 17 424 répondants se déclarent favorables au maintien de la rue Grenette sans circulation automobile. Une tendance encore plus marquée chez les habitants du 1er arrondissement, où 76 % des participants soutiennent l’aménagement actuel. Dans le 2e arrondissement, directement concerné, ils sont encore 66 % à partager cette position. Même hors de Lyon, les répondants sont majoritairement favorables à une Presqu’île moins dépendante de la voiture.
Une bataille politique loin d’être terminée
Ces résultats viennent conforter la position de la municipalité écologiste, qui défend depuis plusieurs années une transformation progressive du centre-ville. Depuis juin 2025, seuls les bus TCL et les vélos sont autorisés à circuler sur cet axe emblématique.
Pour le maire de Lyon, Grégory Doucet, cette consultation démontre que rouvrir la rue Grenette aux voitures irait à l’encontre des usages actuels et des attentes exprimées par les habitants. Mais du côté de la Métropole, le sujet reste brûlant. La nouvelle présidente, Véronique Sarselli, favorable à une réouverture de l’axe à la circulation automobile, doit rendre sa décision d’ici le début du mois de juillet.
Des résultats contestés par les défenseurs de la voiture
Malgré l’ampleur de la participation, les opposants à la piétonnisation contestent la validité du scrutin. L’Association pour le développement de la Presqu’île de Lyon (ADPL), qui milite pour le retour des voitures, estime que les résultats seraient biaisés. Le collectif pointe notamment le faible nombre de votants résidant réellement en Presqu’île, l’absence de contrôle strict sur les adresses e-mail utilisées pour participer ainsi qu’une surreprésentation supposée des moins de 35 ans.
L’association évoque également une forte mobilisation des réseaux militants favorables à la piétonnisation. À quelques mois des prochaines grandes décisions sur les mobilités lyonnaises, la rue Grenette est devenue le symbole d’un débat plus large : quelle place souhaite-t-on accorder à la voiture dans le cœur de Lyon ?
