Avec 91 voix sur 150, la maire LR de Sainte-Foy-lès-Lyon Véronique Sarselli n’a laissé aucune place au doute lors de son élection à la présidence de la Métropole ce jeudi 26 mars. Une victoire nette, presque écrite d’avance, qui marque surtout la fin d’un cycle incarné par Bruno Bernard. Première femme à occuper ce poste stratégique, elle s’impose comme la nouvelle figure forte du territoire, portée par une majorité solide… malgré une petite dissonance en interne qui n’est pas passée inaperçue.
Si le scrutin n’a réservé aucune surprise, un détail a retenu l’attention : un élu de la majorité n’a pas voté pour Véronique Sarselli. Dans les couloirs, les regards se tournent vers Alexandre Vincendet, dont les relations avec la nouvelle présidente sont connues pour être tendues. En face, l’opposition est restée marginale, entre bulletins blancs et votes isolés, confirmant une prise de pouvoir sans véritable résistance.
Abandon de TEOL et retour du métro E
À peine élue, Véronique Sarselli n’a pas tardé à marquer sa différence. Dans un discours offensif, elle a clairement pris ses distances avec la politique menée par son prédécesseur. Sa première cible ? La relation avec la ville centre et son maire Grégory Doucet. “Pour dialoguer, il faut être deux”, a-t-elle lancé, appelant à une meilleure prise en compte des communes périphériques. Une déclaration qui donne le ton d’une cohabitation qui s’annonce électrique.
Parmi ses premières mesures, Véronique Sarselli promet un audit indépendant des finances de la Métropole et du Sytral, ainsi qu’une gestion plus rigoureuse des dépenses publiques. Sur le plan économique, elle assume une ligne claire : relancer la création de richesses pour financer les grands projets. Côté mobilités, le changement est encore plus concret. La présidente de la Métropole de Lyon a d'ores et déjà annoncé son intention de rouvrir la rue Grenette sans plus tarder. De plus, le projet de tramway semi-enterré TEOL est abandonné au profit du retour du métro E, censé mieux connecter l’ouest lyonnais. Une décision qui pourrait redessiner durablement les transports dans l’agglomération.
Une nouvelle ère politique… et des alliances à construire
« Comme nous nous y sommes engagés nous mettrons un terme au projet Teol et relancerons le métro E, a-t-elle déclaré. Nous mettrons à l'étude le projet de la traversée de Fourvière. Un projet d'envergure très complexe.Chaque étape de sa conception fera l'objet d'une large concertation. » Dans un discours très personnel, Véronique Sarselli a revendiqué une ligne directe et assumée. Pourtant, certains signaux laissent entrevoir des possibilités de collaboration. Cédric Van Styvendael, maire PS de Villeurbanne, a notamment salué une prise de parole “ouverte”, suggérant que des compromis pourraient émerger.
