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Cette maison fondée en 1977 à Lyon et presque unique en France est en liquidation judiciaire

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Antoine Lebrun

C’est une page d’histoire industrielle qui se tourne à Lyon. Depuis le 28 janvier, Velours de Lyon a officiellement cessé son activité après une décision du tribunal des affaires économiques. Une issue brutale pour cette PME emblématique, considérée comme l’un des derniers bastions français du velours haut de gamme, au cœur d’un secteur historiquement lié à l’identité lyonnaise.

Fournisseur des maisons Vuitton, Gucci, Chanel ou Prada

Le paradoxe est cruel : les carnets de commandes étaient loin d’être vides. Fournisseur de maisons de luxe comme Vuitton, Gucci, Chanel, Prada ou Armani, Velours de Lyon paye pourtant de plein fouet les conséquences de la crise sanitaire. Le chiffre d’affaires, tombé de 5 millions d’euros à 2,5 millions avant de remonter autour de 4 millions, n’a pas suffi à rétablir l’équilibre financier.

Malgré un appel lancé sur les réseaux sociaux et de nombreux contacts, la reprise n’a pas abouti. Un seul projet sérieux s’est présenté, sans parvenir à réunir les fonds nécessaires. Résultat : la liquidation est actée, faute d’une enveloppe estimée à 1,4 million d’euros. Une somme conséquente, mais dérisoire au regard du savoir-faire en jeu.

Un dernier espoir pour sauver un savoir-faire unique

Les dirigeants refusent pourtant de baisser les bras. Gilles Renaud l’affirme : tout repreneur peut encore se manifester auprès du liquidateur. L’objectif est clair, restructurer l’entreprise, retrouver la rentabilité et surtout préserver un artisanat d’exception. Un éventuel sauvetage permettrait de maintenir une quarantaine d’emplois qualifiés.

Fondée en 1977, Velours de Lyon incarne une excellence rare. Issue de la fusion entre Bouton et Jacquard Renaud, l’entreprise produit chaque année près de 400 000 mètres de velours, en tant que tisseur et teinturier. Elle travaille aussi bien pour le luxe que pour des théâtres, des institutions culturelles et même la Direction générale de l’armement. Autant de preuves que le problème n’est pas la demande, mais bien la fragilité économique d’un secteur d’exception.


Source : Tribune de Lyon