La Ville inscrit la Résistance dans son paysage urbain. En renommant officiellement la célèbre passerelle du Collège, la Ville de Lyon rend un hommage fort à la famille Péju, figure majeure de l’engagement clandestin. Soutenue par la Fondation de la Résistance et l’Ordre de la Libération, cette initiative transforme un simple lieu de passage en symbole vivant de courage et de transmission.
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Le 23 février à 17h, l’inauguration officielle réunira élus, historiens et membres de la famille. Une heure plus tard, dans les salons de l’Hôtel de Ville de Lyon, place à la présentation du roman Échappées de Pierre Péju. Un moment de dialogue entre histoire, fiction et mémoire collective.
Élie Péju, un pilier de la Résistance lyonnaise
Né en 1901, Élie Péju devient l’un des cofondateurs du mouvement Franc-Tireur, souvent qualifié de plus lyonnais des réseaux résistants. Dès 1940, il organise la propagande, les liaisons, les parachutages et collabore directement avec Jean Moulin. Son engagement total lui vaudra d’être Compagnon de la Libération et officier de la Légion d’honneur.

© Musée de l'Ordre de la Libération
Et chez les Péju, l’engagement est une affaire de famille. Marthe Capelle, Marcel, Raymond, Marie-Aimée Dufour : tous participent activement à la lutte. Tracts, liaisons, sabotages, clandestinité… même blessé gravement, Raymond poursuivra son combat. Une histoire familiale où le courage ne se négocie pas, mais se vit, jour après jour.
La Proue, héritage culturel et politique
Après la guerre, la résistance passe aussi par les livres. En 1947, la famille fonde la Librairie La Proue, rue Childebert. Pendant plus de cinquante ans, ce lieu devient un phare intellectuel lyonnais, prolongeant l’esprit de liberté et de débat né dans la clandestinité. En baptisant cette passerelle « Famille Péju », la ville ne regarde pas seulement dans le rétroviseur. Elle rappelle que la liberté s’entretient, se raconte et se partage.
