C’est une maladie que l’on retrouve généralement chez les chevaux, les bovins ou certains animaux d’élevage, mais presque jamais chez l’homme. Pourtant, des épidémiologistes des Hospices civils de Lyon (HCL) ont récemment identifié un foyer de dermatophilose, une infection bactérienne également appelée « gale de boue », chez plusieurs hommes fréquentant des saunas gays à Lyon, selon les informations relayées par Le Figaro.
L’étude, publiée début juin dans la revue scientifique américaine Emerging Infectious Diseases, s’appuie sur l’analyse de neuf premiers patients contaminés entre décembre et février. Tous étaient des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes et résidant à Lyon ou à Paris. Selon les chercheurs, la proximité génétique des bactéries retrouvées chez ces patients suggère fortement une transmission interhumaine, un phénomène jusqu’ici très rarement documenté pour cette maladie.
Des lésions cutanées mais aucune forme grave recensée
Les personnes infectées ont développé des pustules et des croûtes sur différentes parties du corps. Les lésions ont principalement été observées autour des zones génitales, mais également sur le tronc, autour de la bouche ou encore sur les jambes. Si la dermatophilose peut parfois provoquer des complications importantes chez certains animaux, les cas recensés chez l’homme à Lyon sont restés relativement bénins.
Aucun patient n’a nécessité d’hospitalisation. Tous ont été traités par antibiotiques, principalement à base d’amoxicilline, parfois associés à des soins antiseptiques locaux. Les chercheurs soulignent une amélioration rapide des symptômes et l’absence de rechute, même si un cas de réinfection a été observé après une nouvelle fréquentation d’un sauna.
Chaleur et humidité pourraient favoriser la propagation
L’un des éléments qui retient particulièrement l’attention des scientifiques concerne le rôle potentiel de l’humidité et de la chaleur. Ces conditions favoriseraient la libération de bactéries capables de se déplacer dans l’eau et de pénétrer plus facilement la peau. Le contact direct peau contre peau semble néanmoins être le principal mode de transmission identifié dans ce cluster lyonnais.
Au total, près de quarante cas auraient été recensés entre janvier et juin en France, dont une trentaine dans la métropole lyonnaise. Une situation qui reste limitée mais suffisamment inhabituelle pour attirer l’attention de la communauté scientifique. Cette découverte pourrait bien marquer un tournant dans la compréhension de cette maladie méconnue, jusque-là davantage associée aux pâturages qu’aux grandes villes.
Source : Le Figaro
