Le groupe Gibert, poids lourd de la librairie indépendante en France, joue aujourd’hui sa survie. Présent dans 12 villes avec 16 boutiques, dont deux implantées à Lyon à deux pas de la place Bellecour, l’enseigne fait face à une réalité implacable : le marché du livre neuf s’essouffle. Résultat, la direction a officialisé ce lundi 27 avril une demande de placement en redressement judiciaire, examinée dans la foulée par le tribunal des activités économiques de Paris. Une procédure qui vise autant à protéger l’entreprise qu’à lui offrir une bouffée d’oxygène pour se réinventer.
Le livre d’occasion comme plan de sauvetage
Face à la crise, Gibert mise sur un virage stratégique : accélérer sur le marché du livre d’occasion. Un secteur en pleine croissance, porté par des consommateurs de plus en plus sensibles aux prix… et à l’impact écologique. L’objectif est clair : doubler les ventes d’ici 2029. Une orientation logique mais ambitieuse, qui pourrait redessiner l’identité même de l’enseigne. Car si Gibert a longtemps été un temple du livre neuf, il devra désormais jouer sur deux tableaux pour séduire une nouvelle génération de lecteurs.
Lyon en première ligne
À Lyon, l’annonce résonne comme un signal d’alerte pour tout un écosystème culturel. Les deux magasins du centre-ville, fréquentées autant par les étudiants que les passionnés de littérature, font partie du quotidien de nombreux Lyonnais. Dans une ville où les librairies indépendantes participent activement à la vie culturelle, cette situation soulève une question plus large : comment préserver ces lieux face aux mutations du secteur ?
