Révolution : l'idée géniale de deux étudiantes pour dénoncer le manspreading dans les transports

Deux étudiantes en design mettent leur formation au service du militantisme féministe dans le métro de Berlin.

Vous voyez ce mec qui s’assoie dans le métro à côté de vous et qui écarte ses jambes d’un centimètre de plus à chaque station jusqu’à pratiquement empiéter sur votre siège ? C'est contre cette habitude masculine qu’on subit trop souvent, appelée le manspreading, que des activistes allemandes ont décidé d’agir.

 
« Riot pant project »

Cela fait quelques semaines maintenant qu'Elena Buscaino, Mina Bonakdar et leurs ami.e.s se promènent dans le métro en jeans. Ça paraît normal non ? Mais en fait, quand il y a suffisamment de monde autour, elles écartent leurs jambes pour faire apparaître sur leurs jeans des messages très significatifs tels que « stop spreading » ou encore « give us space ». Pour produire ces jeans brandis comme des armes, les deux étudiantes en design ont lancé le « Riot pant project » qui consiste en la transformation de pantalons usés en véritables pancartes porteuses de messages.

Leur but est donc de reproduire la position des manspreaders pour faire passer leurs idées. D’après Elena Buscaino : « Ce n’est que par l’imitation que l’interlocuteur comprend l’effet de son comportement. » L'acte ne permet pas instantanément de faire changer les hommes de posture, mais cela les fait certainement réfléchir. Voyant les messages entre les jambes des deux femmes, les passant.e.s sont alors poussé.e.s à se questionner sur la pratique.

Un problème qui ne date pas d’hier

Alors que chacun.e a l’impression que le manspreading est récent parce qu’on a mis un mot sur la pratique seulement en 2013, ce problème de société est en fait très ancien ; la pratique a commencé avec l’avènement des transports en commun. Dans les années 1830, le Time of London demandait déjà des précautions aux usagers des autobus : « Asseyez-vous avec vos membres près du corps et ne décrivez pas un angle de 45 degrés avec vos jambes, ce qui reviendrait à occuper la place de deux personnes. » (d’après History of the Bakerloo Line de Feather). D’autres grandes villes comme New York tentent de raisonner leurs usagers, à Madrid il est même possible de se prendre une amende pour « étalement masculin ».

Une nouvelle façon originale de se réapproprier l’espace public qui risque de plaire à beaucoup !

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