La véritable histoire des mystérieuses traboules de Lyon

  • Jeanne Ulhaq
  • Loisirs
  • Publié le 19 Décembre 2019 à 10h45
© arssecreta

Du latin “transambulare”, qui signifie circuler à travers, les traboules lyonnaises désignent des passages couverts et aménagés permettant aux piétons de circuler entre deux rues à travers des cours d’immeubles. Historiques et emblématiques de la ville, des interrogations quant à leur utilisation d’antan perdurent néanmoins aujourd’hui...

Nombreuses sont les légendes qui courent sur les traboules. Source de mystère pour les Lyonnais, on ne connaît finalement que très peu de l’histoire de ces édifices adorés par les touristes. On estime l’apparition des premières traboules au IVe siècle. Si on en compte aujourd’hui 500, la plupart sont aujourd’hui condamnées et se trouvent dans le Vieux-Lyon et sur les pentes de la Croix-Rousse.

A l’origine, il semblerait que ces passages couverts servaient à accéder à des puits partagés qui permettaient aux habitants du bas de la colline de Fourvière à s’approvisionner en eau. Grâce à leur côté pratique depuis le haut Moyen-Age, elles sont progressivement devenues caractéristiques de l’urbanisme lyonnais jusqu’au XIXe siècle, où elles auraient favorisé le commerce du textile en permettant un passage rapide et couvert entre les points de vente, de production et de livraison.

Des passages secrets pendant la Révolte des Canuts et la 2nde Guerre Mondiale

Si elles se sont montrées utiles dans le quotidien des Lyonnais de l’époque, l’utilisation la plus mémorable des traboules se situent dans deux événements historiques majeurs : la Révolte des Canuts, et la Seconde Guerre Mondiale. Alors que les ouvriers lyonnais se révoltent contre des salaires incertains et la libéralisation de l’économie dans les années 1830, on raconte que la Cour des Voraces servit de refuge aux ouvriers canuts durant ces soulèvements. Environ un siècle plus tard, c’est lors de la Seconde Guerre Mondiale que les traboules sauveront des vies. En permettant aux résistants d’échapper à la Gestapo et de déposer des colis secrets, les traboules ont joué un rôle majeur pour les Lyonnais durant cette sombre période de l’Histoire.

Un symbole du patrimoine lyonnais

Aujourd’hui, les traboules facilitent certes le quotidien des Lyonnais en offrant de sacrés raccourcis, mais elles sont surtout une force touristique. Appartenant au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, les traboules sont annuellement visitées par des milliers de touristes, qui apprécient à la fois leur Histoire et leur esthétique singulière. Pour les découvrir, il faudra normalement vous y rendre entre 7h et 20h et vous montrer silencieux (y’a des gens qui y habitent quand même !).

Voici donc quelques adresses parmi les plus emblématiques, pour faire découvrir à la belle-famille ou se perdre en solo une après-midi ensoleillée :

29 rue Imbert Colomès vers 14 montée Saint-Sébastien (Traboules des Voraces)
20 rue Imbert Colomès vers 55 rue des Tables Claudiennes
30 rue Burdeau vers 19 rue Leynaud (Passage Thiaffait)
3 rue des Antonins vers 68 rue Saint-Jean
7 rue du Bœuf vers 34 rue Saint-Jean

C’est cadeau... Bonne visite !

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