Lyon vient de frapper un grand coup sur l’échiquier scientifique international. Selon les informations de BFM Lyon, la PME lyonnaise Fabentech, basée à Saint-Priest, a développé le tout premier antidote efficace contre l’intoxication à la ricine, une substance extrêmement toxique extraite de la plante de ricin. Baptisé Ricimed, ce traitement est présenté par le gouvernement comme une “première mondiale”, à la fois stratégique et symbolique pour la souveraineté sanitaire française.
La ricine, une menace silencieuse et mortelle
Derrière ce nom presque anodin se cache l’un des poisons les plus redoutés au monde. La ricine est particulièrement dangereuse lorsqu’elle est inhalée, provoquant un œdème pulmonaire et une insuffisance respiratoire aiguë pouvant entraîner la mort en quelques jours seulement. Depuis plusieurs années, elle est classée parmi les menaces bioterroristes majeures, en raison de sa facilité de production et de diffusion, notamment par voie aérienne.

Depuis 2016, les autorités françaises anticipaient le pire. Les chercheurs travaillaient activement à la mise au point d’un antidote, redoutant une attaque bioterroriste visant à semer la panique et déstabiliser la société. Ces craintes ne sont pas théoriques : des tentatives de diffusion de ricine ont déjà été recensées, notamment en Allemagne en 2023. Autant dire que l’arrivée du Ricimed change radicalement la donne.
Une collaboration stratégique entre civils et militaires
Ce succès est le fruit d’un travail collectif à haute intensité. Le Ricimed a été développé grâce à une collaboration étroite entre acteurs publics et privés, militaires et sanitaires. L’IRBA, l’Institut de recherche biomédicale des armées, avait déjà conçu un anticorps spécifique ainsi qu’un test de détection de l’intoxication. Fabentech a ensuite transformé cette base scientifique en traitement opérationnel.
Les premières livraisons ont déjà débuté en France, et l’ambition est désormais internationale. Fabentech prévoit d’exporter son antidote à l’étranger, répondant à un enjeu de sécurité sanitaire mondiale. Une fois encore, Lyon prouve qu’elle ne se contente pas d’innover pour le confort du quotidien, mais qu’elle joue aussi un rôle clé face aux menaces globales. Quand la science locale protège le monde, on ne peut que tirer notre chapeau.
