Il fumait des Gitanes, provoquait la télévision française et écrivait des textes que tout le monde connaît encore par cœur cinquante ans plus tard. Cet été, Serge Gainsbourg s’invite à Lyon à travers une exposition événement qui risque de faire vibrer autant les nostalgiques que les amateurs de culture pop française. À partir du 18 juin, la Galerie MC2M accueille “Serge Gainsbourg – Traits de génie”, une rétrospective consacrée à l’artiste aux mille visages. Et clairement, il ne s’agira pas d’une simple exposition hommage montée à la va-vite entre deux affiches vintage et trois vinyles sous cadre.
Le public pourra découvrir une véritable collection d’œuvres originales retraçant la vie et le parcours créatif de Gainsbourg : manuscrits annotés, textes raturés, photographies rares et archives personnelles. Une plongée intime dans le cerveau bouillonnant d’un artiste qui transformait chacune de ses obsessions en œuvre culte.
Un artiste impossible à ranger dans une case
Chez Gainsbourg, tout déborde. La musique, les provocations, les histoires d’amour, les scandales, le génie. Et c’est justement cette personnalité insaisissable que l’exposition lyonnaise cherche à raconter. Anticonformiste absolu, Serge Gainsbourg a traversé les décennies comme une anomalie fascinante de la culture française. De “La Javanaise” à “Je t’aime… moi non plus”, en passant par “Initials B.B.” ou sa mythique reprise reggae de La Marseillaise, l’artiste a construit un héritage devenu quasiment intouchable.
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Et pourtant, derrière l’image du dandy désabusé au verre de whisky jamais très loin, se cachait surtout un immense travailleur. L’exposition insiste justement sur cette facette moins connue : celle d’un créateur obsessionnel qui passait son temps à écrire, corriger, composer et réinventer son art.
De peintre raté à icône absolue de la culture française
Avant de devenir Gainsbourg, il y avait Lucien Ginsburg, jeune peintre persuadé de ne jamais réussir. Une partie de l’exposition revient d’ailleurs sur ses débuts dans la peinture, discipline qu’il abandonnera en brûlant une grande partie de ses toiles. Puis viendront les cabarets, le piano, les textes et progressivement la naissance du personnage Gainsbourg. Une silhouette immédiatement reconnaissable entre mille : costume froissé, Repetto aux pieds, cigarette au coin des lèvres et regard fatigué devenu culte.
L’exposition rappelle aussi à quel point l’artiste a marqué plusieurs générations, autant par ses chansons que par son esthétique. Trente-cinq ans après sa mort, Gainsbourg continue d’influencer la mode, la publicité, le cinéma et toute une partie de la pop culture française. Le plus frustrant dans cette histoire ? L’exposition ne restera visible que jusqu’au 29 août. Autrement dit, il faudra éviter de remettre la visite “à plus tard”, comme ce message laissé en vu depuis trois semaines.
Galerie MC2M
21 rue Auguste Comte - Lyon 2e
Du 18 juin au 26 août
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