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Deux ans après son ouverture, la pizzeria du meilleur chef du monde ferme ses portes à Lyon

undefined undefined 6 septembre 2026 undefined 18h00

Antoine Lebrun

À peine plus de deux ans après son ouverture, Pecoranegra n’existe déjà plus à Lyon. Installée rue Bossuet, dans le 6e arrondissement, la pizzeria imaginée par Mauro Colagreco avait pourtant fait partie des ouvertures les plus scrutées de la scène gastronomique lyonnaise en 2024.

Le couperet judiciaire est tombé au printemps 2026 avec la conversion du redressement judiciaire en liquidation judiciaire, prononcée le 4 juin par le Tribunal des Activités Économiques de Lyon. Une procédure qui vient officiellement sceller le destin de l’établissement, lancé avec de grandes ambitions autour d’un produit pourtant très populaire : la pizza.

Quand un chef triplement étoilé s’attaque à la pizza

Avec Pecoranegra, Mauro Colagreco voulait dépoussiérer l’image de la pizzeria traditionnelle sans lui faire perdre son côté généreux et accessible. Le chef italo-argentin, à la tête du Mirazur à Menton, sacré meilleur restaurant du monde en 2019, avait imaginé une adresse autour d’une pizza napolitaine travaillée avec des produits de saison et une approche revendiquée comme éco-responsable.

Le nom Pecoranegra, qui signifie « brebis galeuse » en italien, résumait assez bien l’envie de sortir du cadre. Ici, pas question de simplement empiler mozzarella et tomates sur une pâte : le concept entendait proposer une vision plus gastronomique de la pizza tout en conservant l’esprit populaire du plat.

Le prestige ne suffit pas toujours à faire tourner une pizzeria

Derrière la visibilité médiatique et les assiettes séduisantes, Pecoranegra s’est retrouvée confrontée aux difficultés qui secouent depuis plusieurs années le secteur de la restauration. Hausse du prix des matières premières, charges importantes et fréquentation plus incertaine ont progressivement rendu l’équation économique particulièrement compliquée pour une adresse positionnée sur le haut de gamme.

Cette fermeture rappelle surtout qu’un grand nom de la gastronomie ne constitue pas à lui seul une garantie de réussite commerciale. Même avec une forte notoriété, un concept original et une belle exposition médiatique, le modèle économique doit tenir sur la durée, particulièrement dans une ville comme Lyon où l’offre de restauration est aussi dense que concurrentielle.