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À 2h de Lille, cette ville de 2 hectares se présente comme la plus petite du monde

undefined undefined 29 juillet 2026 undefined 17h00

Valentine Ballot

Deux hectares. Quelques ruelles. Un château, une église et une poignée de maisons serrées dans un méandre de l’Ourthe. Sur le papier, Durbuy pourrait presque se visiter entre l’entrée et le dessert. Pourtant, cette cité médiévale située à environ deux heures de Lille attire chaque année une foule de curieux venus découvrir celle que l’on surnomme « la plus petite ville du monde ».

Une ville minuscule née d’une décision royale

Durbuy doit son étonnant surnom à une histoire vieille de près de sept siècles. En 1331, Jean de Bohême, alors comte de Luxembourg, lui accorde officiellement le statut de ville ainsi que plusieurs libertés et privilèges. Une distinction assez prestigieuse pour un bourg dont les remparts protégeaient à peine deux hectares.  Depuis, l’expression a fait son chemin. Elle relève aujourd’hui surtout du surnom historique et du slogan touristique : la commune actuelle de Durbuy, agrandie après la fusion des communes belges, est évidemment beaucoup plus vaste. Mais son cœur médiéval reste si compact qu’il se parcourt facilement à pied en une ou deux heures.  Une petite précision qui n’enlève rien à son charme. Après tout, rares sont les villes capables de tenir presque entièrement dans une photo panoramique sans perdre leur château en route.

Un dédale de pavés et de maisons en pierre

Le meilleur programme à Durbuy consiste d’abord à ne pas trop en avoir. On entre dans la vieille ville, on range l’itinéraire et on se laisse entraîner dans ses ruelles piétonnes bordées de demeures en pierre calcaire. La rue Daufresne de la Chevalerie, considérée comme la plus ancienne de la cité, conserve un pavage composé de galets issus de l’Ourthe. Autour, façades anciennes, passages étroits et petites terrasses composent ce décor ardennais qui semble avoir été soigneusement gardé à l’abri des immeubles gris et des ronds-points malheureux.  Le château des comtes d’Ursel domine toujours la rivière depuis son promontoire rocheux. Propriété privée, il ne se visite généralement pas, mais il reste l’un des emblèmes de Durbuy et se laisse très volontiers admirer depuis les quais.

Un rocher vieux de 320 millions d’années au milieu de la ville

À quelques pas des maisons surgit l’une des curiosités les plus impressionnantes de Durbuy : le rocher de l’Anticlinal. Cette immense paroi plissée, haute d’environ 37 mètres, dévoile des couches de calcaire formées il y a plus de 300 millions d’années. Sa silhouette spectaculaire tranche avec le format miniature de la cité et rappelle gentiment que la nature, ici, n’a jamais vraiment connu le concept de discrétion. Le rocher se trouve près du point d’eau et fait partie des incontournables cités par l’office du tourisme wallon, aux côtés du château et des anciennes rues du centre. 

Un jardin où les buis se transforment en animaux

À deux pas du centre historique, le Parc des Topiaires ajoute une petite dose de fantaisie à la promenade. Sur environ un hectare, près de 250 arbustes taillés prennent la forme d’animaux, de personnages et de silhouettes parfois assez improbables. Éléphants, oiseaux ou personnages semblent avoir patiemment poussé là en attendant que quelqu’un pense enfin à sortir son appareil photo. Le jardin offre également une jolie vue sur le château. La visite se prête particulièrement bien à une sortie en famille, mais fonctionne aussi très correctement entre adultes capables d’assumer leur enthousiasme devant un paon en buis.

Kayak, randonnée et aventure dans les Ardennes

Durbuy est minuscule, mais ses alentours permettent largement de remplir le reste du week-end. La vallée de l’Ourthe est appréciée pour les descentes en kayak et les promenades au bord de l’eau. Les sentiers des Ardennes belges offrent également de nombreuses possibilités de randonnée entre forêts, reliefs et villages en pierre. À quelques minutes du centre, Adventure Valley Durbuy rassemble accrobranche, escalade, via ferrata et activités en plein air. De quoi passer rapidement de la flânerie romantique à « pourquoi ai-je accepté de grimper là-haut ? ». Pour prolonger l’escapade, le village voisin de Wéris est connu pour ses dolmens et ses menhirs préhistoriques. Une étape toute trouvée pour les personnes qui jugeraient qu’un château, un anticlinal et 250 buis sculptés ne suffisent pas encore à rentabiliser le déplacement.

Une destination à savourer après le départ des visiteurs

Le long des ruelles de Durbuy, restaurants, brasseries et terrasses mettent en avant les spécialités wallonnes et les produits des Ardennes belges : bières artisanales, fromages, charcuteries et plats plus généreux qu’une pente ardennaise en fin de randonnée. La cité étant particulièrement fréquentée à la belle saison et pendant les week-ends, passer une nuit sur place permet de profiter du centre historique lorsque les visiteurs à la journée ont repris la route. Une fois les terrasses apaisées et les pavés rendus aux quelques habitants du centre, Durbuy retrouve alors pleinement son allure de décor médiéval miniature.

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