rue-pave-s-moto-commerces

Pourquoi autant de commerces ferment à Lille en ce moment ?

undefined undefined 13 janvier 2026 undefined 17h00

Valentine Ballot

Lille a toujours été une ville de commerces vivante : estaminets, boutiques de quartier, librairies atypiques… Mais depuis la fin de 2025, le paysage commercial a vite changé. Liquidations successives, départs de points de vente et inquiétudes des commerçants rythment l’actualité en centre-ville comme en périphérie.

La vague de liquidations et fermetures qui monte

Entre fin 2025 et début 2026, plusieurs commerces lillois ont fermé définitivement, certains ont été placés en liquidation judiciaire, et d’autres ont choisi de se recentrer ailleurs ou de quitter le centre-ville. Ce phénomène n’est pas isolé : il s’inscrit dans une tendance plus large qui touche les petites entreprises partout en France.

À la fin de 2025, plus de 112 000 entreprises ont été radiées du registre du commerce en France, soit une hausse d’environ +27 % par rapport à l’année précédente, malgré une dynamique de créations d’entreprises encore soutenue.

Ce chiffre illustre une fragilisation réelle du secteur, quand la conjoncture économique exerce une pression forte sur les marges, les coûts fixes et la capacité des petits commerces à rester ouverts.

Une conjoncture économique qui plombe les petites boutiques

Les commerçants lillois interrogés évoquent des charges qui ne cessent d’augmenter, un pouvoir d’achat des consommateurs à la baisse et une concurrence accrue des plateformes en ligne et des grandes surfaces. Tous ces éléments combinés créent un environnement difficile, surtout pour les indépendants qui n’ont pas toujours de filet de sécurité financier.

Même des secteurs traditionnellement dynamiques peuvent se retrouver fragilisés quand les coûts d’énergie, de loyer ou de matières premières deviennent insoutenables.

Un signal fort dans le tissu économique régional

Dans certains cas, ce ne sont pas seulement des boutiques mais des unités entières qui ont été touchées. Par exemple, une unité de fabrication de papier corrugé à Lille, Wizpaper (ex-Arjowiggins), a été placée en liquidation judiciaire, mettant en péril environ 147 emplois en raison de difficultés structurelles liées à la baisse du marché et à la hausse des coûts énergétiques.

Ce type de fermeture industrielle est un marqueur fort du climat économique local, même s’il ne s’agit pas d’un commerce de centre-ville à proprement parler.

Des fermetures, mais aussi des réorientations

Pour certains indépendants, fermer n’est pas une fatalité, mais une étape de réorganisation : plusieurs commerçants ont choisi de quitter les zones les plus coûteuses pour se recentrer sur d’autres points de vente ou de réinventer leur modèle.
C’est une forme d’adaptation, même si le changement peut être brutal pour les quartiers qui perdent leurs enseignes.

Et maintenant : quelles pistes pour Lille ?

Les autorités locales ne restent pas les bras croisés. Plusieurs pistes sont envisagées pour atténuer l’impact de ces fermetures : réhabilitation des locaux libérés pour attirer de nouveaux projets, aides à la reconversion pour les commerçants qui souhaitent rebondir ou actions des collectivités locales pour soutenir l’activité commerciale.

Rien n’est encore miraculeux, mais ces mesures montrent une volonté de réinventer le centre-ville et de ne pas laisser les fermetures s’installer comme une fatalité.

En attendant, les Lillois voient leurs commerçants de quartier continuer à fermer le rideau, la situation ne fait qu »évoluer à vue d’œil, et beaucoup se demandent à quoi ressemblera le commerce de demain dans leur ville.
Une chose est sûre : la dynamique est en train de changer, et il va falloir inventer de nouvelles façons de faire vivre le commerce local.

Données nationales sur les radiations et créations d’entreprises : chiffres fin 2025, tendance observée dans les liquidations en France.