À Lille, les bouchons du matin et du soir font presque partie du décor. Entre les axes saturés vers le centre et les retours parfois interminables, la question de la congestion reste l’un des gros casse-têtes de la métropole. C’est justement pour tenter de desserrer un peu l’étau que la MEL avait lancé un test assez inédit : payer les automobilistes pour ne pas prendre leur voiture au pire moment.
Un “péage inversé” testé sur les grands axes vers Lille
Le principe du projet Écobonus, porté par la Métropole européenne de Lille, était aussi simple qu’assez malin. Plutôt que de faire payer l’entrée dans la ville, la MEL a choisi l’idée inverse : récompenser de 2€ chaque trajet “effacé”. Concrètement, les automobilistes qui circulaient seuls sur certains axes très chargés (notamment l’A1, l’A23, l’A25 et la RN41) pouvaient toucher cette prime s’ils décalaient leur départ, télétravaillaient ou basculaient vers les transports en commun. L’objectif : fluidifier les heures de pointe tout en réduisant la pollution et ses effets sur la santé.
Jusqu’à 2 000 voitures en moins chaque jour
Et visiblement, le test a plutôt bien fonctionné. Selon la MEL, la première phase du dispositif, menée de septembre 2023 à juin 2024, a permis d’effacer environ 2 000 trajets par jour sur les axes sud et est de Lille. La seconde phase, entre septembre 2024 et juin 2025, a elle aussi atteint ses objectifs avec 1 400 trajets supprimés chaque jour sur les axes sud et ouest. Au total, la métropole a atteint son objectif de 6 % de trajets effacés, ce qui, à l’échelle des bouchons lillois, représente déjà un vrai bol d’air.
Une idée qui change la façon de penser la voiture à Lille
Ce qui rend le dispositif intéressant, c’est surtout le changement de logique. Plutôt que sanctionner les automobilistes, le système misait sur la récompense et la souplesse, en laissant chacun choisir la solution la plus simple : partir plus tôt, plus tard, télétravailler ou prendre le train. Une approche plutôt bien vue dans une métropole où les habitudes de circulation sont parfois difficiles à faire bouger.
La troisième phase finalement abandonnée
Une troisième phase était initialement prévue, avec un retour sur certains axes déjà testés. Mais elle n’a finalement pas été lancée, notamment parce qu’elle aurait nécessité de remobiliser des automobilistes déjà sollicités lors des premières étapes. Reste que l’expérience lilloise pourrait bien inspirer d’autres métropoles confrontées aux mêmes bouchons chroniques. Et honnêtement, l’idée de gagner 2€ pour éviter l’A1 à 8h du matin a presque quelque chose de séduisant.
Source : La Gazette des Communes
