À Dijon, pédaler rime avec danger (et ras-le-bol)
Prendre son vélo à Dijon, sur le papier, c’est l’idéal. En vrai, c’est parfois une petite montée d’adrénaline dès le premier carrefour. Une cycliste dijonnaise nous le confie sans détour : « Je prends mon vélo tous les jours et j’ai l’impression de risquer ma vie à chaque trajet. Les voitures ne nous voient pas, les priorités à droite sont ignorées et tout le monde roule trop vite. »
Un sentiment loin d’être isolé. Manque de pistes sécurisées, intersections mal pensées, automobilistes distraits par leur téléphone… le cocktail est explosif. Oui, certains cyclistes roulent aussi un peu fort, soyons honnêtes. Mais le fond du problème reste le même : Dijon n’est pas encore une ville vraiment adaptée au vélo, malgré les discours.
Et quand, miracle, tu arrives au boulot sans une égratignure, une autre angoisse prend le relais : le vol de vélo. Attaches sectionnées, vélos disparus en pleine journée… C’est simple, pour beaucoup, c’est devenu l’une des raisons principales de reprendre la voiture. Un comble.
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Casque obligatoire : la fausse bonne idée ou le minimum vital ?
Ce malaise local fait écho à un débat national brûlant. Vendredi 30 janvier, le bilan 2025 de la sécurité routière est tombé, et il n’a rien de rassurant. 234 cyclistes ont perdu la vie en France, soit 10 de plus qu’en 2024. Pire : plus d’une victime sur deux est décédée à la suite d’un choc à la tête.
Même constat du côté des trottinettes et autres engins motorisés, avec 80 morts en 2025, une hausse vertigineuse de 78 %.
Face à ces chiffres, le gouvernement réfléchit à rendre le casque obligatoire pour tous les cyclistes et utilisateurs de trottinettes. Les défenseurs du casque avancent le bon sens et les résultats observés pour les motos et scooters. Les opposants, eux, craignent que cette obligation décourage la pratique du vélo et pointent certaines études suggérant une prise de risque accrue.
Le débat reste ouvert, mais une chose est sûre : à Dijon comme ailleurs, la question de la sécurité à vélo ne peut plus être ignorée. Casque ou pas encore obligatoire, infrastructures ou vigilance, il y a urgence à agir.
