places-histoire-dijon

L’histoire cachée des grandes places de Dijon

undefined undefined undefined 18h00

La Rédac'

À Dijon, on traverse les places sans toujours les regarder. Ces grandes respirations urbaines racontent mieux la ville que bien des manuels d’histoire. Ingénieurs visionnaires, régimes politiques changeants, et grandes heures de la République… Aujourd’hui, on t’embarque pour une balade entre Place DarcyPlace de la LibérationPlace Grangier et Place de la République, ces spots que tu connais par cœur, mais pas forcément par l’histoire.

Place Darcy, quand l’eau coule de source

Impossible de passer à côté. Porte d’entrée du centre-ville, la Place Darcy doit son nom à Henry Darcy, ingénieur et physicien dijonnais du XIXe siècle, dont les travaux sur l’eau font encore autorité aujourd’hui. La loi de Darcy, qui décrit l’écoulement de l’eau dans les sols poreux, est toujours utilisée en hydraulique et en hydrogéologie.

Mais Darcy ne s’est pas contenté de théoriser. Il a surtout permis à Dijon d’avoir accès à une eau potable, en faisant construire entre 1838 et 1840 un immense réservoir souterrain. Autour de cet ouvrage visionnaire, le jardin Darcy est aménagé en 1880 par l’architecte Félix Vionnois, dans un esprit très haussmannien. Résultat, une place chic, aérée, pensée au XIXe siècle pour faire entrer Dijon dans la modernité urbaine.

Place Darcy à l'époque

Crédit photo : Archives municipales de Dijon (place_darcy_6Fi139)

Place de la Libération, théâtre du pouvoir et des révolutions

Si les pierres pouvaient parler, celles de la Place de la Libération auraient beaucoup à dire. À l’origine baptisée Place Royale, elle est pensée comme un écrin monumental pour une statue équestre de Louis XVI. Dès 1792, la place change de nom au gré des régimes, devenant tour à tour Place d’Armes, Place Impériale ou encore à nouveau Place Royale.

En 1941, la municipalité la rebaptise Place du Maréchal Pétain. Trois ans plus tard, à la Libération de Dijon, le nom est balayé. En septembre 1944, après de vifs débats politiques entre gaullistes et communistes, la place prend enfin le nom que l’on connaît aujourd’hui. Place de la Libération, en hommage à la fin de l’occupation allemande. Un symbole fort, posé face au Palais des Ducs, qui continue de faire battre le cœur institutionnel et culturel de la ville.

Place de la lib dans le temps

Crédit Photo : Achives municipales de Dijon (place_liberation_11FI9)

Place de la République, la solennité républicaine

Depuis 1888, la Place de la République affiche clairement la couleur. Son nom rend hommage au régime républicain, instauré en France en 1870.

En 1894 est assassiné le président Sadi Carnot à Lyon. Très attaché à la Côte d’Or, ancien député du département et beau père d’une Dijonnaise influente, Carnot se voit dédier un monument au centre de la place. Érigé en 1898 et inauguré en 1899 par le président Émile Loubet, ce monument inscrit la place dans la grande histoire nationale. Aujourd’hui encore, la Place de la République reste un espace symbolique, entre mémoire, circulation et vie quotidienne, où l’histoire se glisse discrètement entre deux passages de tram.

Place de la rep avant

Crédit Photo : Archives municipales de Dijon (place_republique_6Fi930)

Place Grangier, l’élégance née d’un héritage

Avant d’être le carrefour que l’on connaît, la Place Grangier accueillait tout simplement le château de Dijon. À la fin du XIXe siècle, le paysage change, et la place prend le nom de Henri Grangier.

Henri Grangier et son épouse Sophie Villeneuve ont marqué Dijon par un geste rare. Ils lèguent leurs collections d’art et leur fortune à la ville et à l’hôpital général. Un acte philanthropique qui inscrit leur nom dans l’espace public, et rappelle que certaines places sont aussi des hommages à celles et ceux qui ont pensé collectif avant l’heure.

L'histoire de la place Grangier

Crédit Photo : Archives municipales de Dijon (place_grangier_1955_16_Fi)