BruZelle, fini le tabou des règles des femmes qui vivent dans la rue

  • Jehanne
  • Société
  • Publié le 11 Avril 2018 à 16h13
© How Do Homeless Women Cope With Their Periods? | NSFWomen

Les règles c'est pas marrant tous les jours mais quand on vit dans la rue, cette période peut carrément se transformer en enfer. L'association BruZelle offre de l'aide et un peu de dignité aux femmes précarisées à coups de serviettes hygiéniques.

En octobre 2016, Veronica et Valérie ont lancé l’association « BruZelle ». L’idée de base : récolter des protections hygiéniques et les distribuer gratuitement  dans la dignité aux femmes précarisées. Les deux bruxelloises étaient sensibles à la question de la précarité sociale depuis un bon moment. Tout en étant conscientes d’une série de problèmes, elles n’avaient pourtant jamais réalisé l’obstacle que représentent les règles pour les femmes dans la rue. C’est au détour d’une rencontre pour Veronica et après la diffusion d’un documentaire pour Valérie, que les amies ont décidé de prendre les choses en mains.

bruzelle © BruZelle

Organiser les collectes

Elles ont décidé d’organiser des collectes de protections hygiéniques pour les redistribuer ensuite aux femmes précarisées. "On a commencé par en parler autour de nous. Au début, c’était surtout nos proches qui faisant des dons. Puis, petit à petit, on a implanté des boites un peu partout" explique Valérie. Ces boites sont en fait, des points de collecte fixes, où n’importe qui peut venir déposer des colis de serviettes hygiéniques emballées individuellement. Les membres de BruZelle viennent ensuite récolter les dons et se chargent de créer des trousses contenant chacune 20 serviettes. Ces pochettes sont réalisées en tissus par des bénévoles. Au début de l’aventure, les tampons étaient acceptés au même titre que les serviettes, mais les fondatrices de l’asbl ont vite compris qu’ils n’étaient pas adaptés aux réalités de la rue. Quand l’accès aux toilettes est limité et quand tout ce qui tourne autour de l’intimité se fait dans le plus grand secret, l’utilisation des serviettes est beaucoup plus pratique. Aussi pour certaines femmes, culturellement, l’usage du tampon est quelque chose de complètement étranger.

bruzelle© BruZelle

La distribution

BruZelle collabore avec plusieurs partenaires comme des maisons maternelles, des banques alimentaires, des ONG, des centres d’accueil… "On travaille notamment avec doucheFLUX et rolling douches qui permettent aux personnes précaires d’avoir accès à l’hygiène. On donne aussi des trousses à la plateforme citoyenne de soutien aux réfugiés. Sans accès aux protections, les femmes doivent malheureusement faire avec les moyens du bord… Du papier toilette, des chaussettes remplies avec des cotons, des vieux T-shirts» soupire Valérie. Les réactions des femmes face aux dons varient. La question est sensible et touche à la plus grande intimité.

sans abri


Briser le tabou

Aussi étrange que cela puisse paraître, les centres spécialisés dans la précarité n’ont pas vraiment la question des règles comme priorité. Trop intime? Encore et toujours considéré comme quelque chose de sale qu’il faut cacher, oublier? Il n’y a pas de réponse rationnelle. Cependant, force est de constater que le problème est bien réel. Il n’y avait pas vraiment d’aide, c’est un sujet assez tabou. Depuis le début de l'initiative en octobre 2016, BruZelle a distribué 2300 trousses donc 46000 protections hygiéniques.

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