Secret d'histoire #6 : Le quartier Saint-Michel

  • La Rédac'
  • Société
  • Publié le 8 Janvier 2021 à 08h52
Pascal Faure

Le quartier Saint-Michel, très populaire auprès des Bordelais et des touristes, fait partie du secteur sauvegardé du centre ville historique. Entouré par le cours Victor Hugo, le marché des Capucins et la porte de Bourgogne, ce quartier doit sa réputation à trois éléments majeurs qu’il contient : la Basilique Saint-Michel et sa flèche, la place Saint-Michel et son célèbre marché. Classée monument historique dès 1846, la basilique Saint-Michel est sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1998. Partons à la découverte de ce quartier chargé d’histoire !

Un essor dû au commerce portuaire

Le quartier Saint-Michel tient son nom de sa basilique, autrefois construite en hommage à l’archange. La première chapelle consacrée à Saint-Michel fut construite ici à l’époque carolingienne. Bien plus tard, au XIIè siècle, un port est créé sur le quai de la Salinière (celui bordant cet espace), et l’activité s’y développe. Bordeaux devint connue pour son commerce portuaire. La paroisse était dédiée aux marins et aux commerçants du port de la Lune. Le XIV siècle fut marqué par une urbanisation permettant une rénovation de l’église Saint-Michel. De plus, elle bénéficia de legs d’artisans et de marchands, mais également de la protection royale de Louis XI. L’église fut agrandie, et reconstruite dans le style gothique, afin d’accueillir toute la population de ce quartier prospère.

Un quartier dynamique

Le quartier a évolué peu à peu, jusqu’à devenir le quartier le plus vivant et coloré de la ville. Diverses activités avaient lieu dans cet espace : le marché les lundis et samedis matin, le fer était travaillé dans la rue des Faures, et le sel emmagasiné quai des Salinières servait aux sécheries de poissons et de viandes rue de la Rousselle. C’était cependant un quartier pauvre, occupé par des immigrés et les exclus. Aujourd’hui, malgré son évolution, les brocanteurs, le marché et les commerces constituent toujours autant la vie de Saint-Michel, faisant de ce quartier un espace authentique et agréable. De plus, Saint-Michel est un quartier d’accueil des populations migrantes. Au début du XIXè siècle, des espagnols et des portugais remontèrent la nationale 10, afin de fuir le régime franquiste et de trouver un emploi. Dans les années 60, Bordeaux comptait 60 000 espagnols, et plusieurs de ses quartiers (Saint-Michel, les Capucins, rue Kleber…) vivaient à l’espagnol. Puis, arrivèrent les populations nord-africaines à Saint-Michel, garantissant à cet endroit une diversité et une richesse culturelle.

Le centre du quartier : la basilique Saint-Michel et son cloche

La basilique est dotée d’un clocher indépendant, la Flèche Saint-Michel, le monument le plus haut de Bordeaux. Construit par Jean Lebas et son fils de 1472 à 1492, il aurait été dissocié de quelques dizaines de mètres de son église, afin de préserver le bâtiment des vibrations des battements de cloche. Sa forme hexagonale s’achevait par une flèche, qui fut rasée par un ouragan en 1768, ce qui permit à Chappe d’y installer son premier télégraphe optique. C’est l’architecte Paul Abadie qui lui donna sa forme actuelle, lors des rénovations d’églises qu’il entreprit au XIXè siècle. Culminant à 114 mètres, la Flèche est de nos jours ouverte aux visites durant la saison estivale, permettant de s’offrir une vue complète sur la ville. Cependant, elle a autrefois abrité un spectacle plutôt lugubre. Depuis leur découverte suite à des travaux à la fin du XVIIIè siècle, des momies exhumées furent disposées dans une crypte sous la tour en une ronde macabre durant deux siècles. Des milliers de visiteurs, comme par exemple Victor Hugo, ont pu venir observer ces corps momifiés, dont tout le monde ignore la provenance.

La basilique détient elle aussi une anecdote digne d’une série policière, puisque 4 reliefs de la chapelle Saint-Joseph ont fait l’objet d’un vol dans les années 80, et ont été remplacés par des moulages en plâtre afin de dissimuler leur disparition. Les panneaux ont été retrouvés dans une collection privée anglaise, et plus de 35 ans après avoir été subtilisés, ils furent remis à leur place d’origine.

Voir cette publication sur Instagram

Une publication partagée par France ?? (@france)

Fin des articles