5 anecdotes que vous ignoriez sur le Pont Chaban-Delmas

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Que l'on soit plutôt rive gauche ou rive droite, on a déjà tous eu à emprunter un des nombreux ponts bordelais afin de traverser la Garonne sans se mouiller. Dans une ville coupée en deux par son fleuve, ils constituent un lien indispensable entre les deux rives. Un lien qui manquait cruellement dans le nord de Bordeaux entre le quartier des Bassins à flots / Bacalan et les quais de Brazza, les ponts les plus proches étant à l'époque le pont d'Aquitaine d'un côté, et le pont de Pierre de l'autre. En 2013, le pont Jacques Chaban-Delmas était inauguré, et transformait totalement le nord de la métropole, en unissant ces quartiers autrefois isolés. Voici 5 informations à savoir sur ce superbe ouvrage !

1. Objectif : construire un « pont urbain » 

De très nombreuses propositions ont été faites afin d'unir les deux berges. Le spécialiste des ponts de Bordeaux Sylvain Schoonbeart dira même que des projets de prolongements par pont ou tunnel ont été envisagés au débouché de presque toutes les rues donnant sur la Garonne. Finalement, le projet prendra place au nord, et bouclera ainsi la petite couronne formée par les boulevards. Mais en plus de proposer un axe routier, le nouveau pont devait permettre la libre circulation à vélo, en skate et roller, à pied etc ... Ce sera chose faite grâce aux espaces dégagés de chaque côté de l'édifice, sur lesquels on peut déambuler sans crainte et même s'arrêter un moment pour prendre des photos ou simplement profiter de la vue.

2. C'est le plus grand pont levant d'Europe

Par opposition aux ponts classiques qui eux sont fixes, c'est d'abord un pont mobile ! Et plus précisément un pont levant. C'est un des défis qu'ont eu à résoudre les ingénieurs qui ont travaillé sur le projet : construire un pont qui soit assez solide pour supporter le trafic de plusieurs milliers de véhicules et dans le même temps assez mobile pour s'élever au passage de gros bateaux tels que les paquebots (que l'on voit l'été, arrimés face aux quinconces) ou les grands voiliers comme le célèbre Belem. Le pont avait donc pour consignes d'avoir une hauteur équivalente au pont de Pierre en position basse (13 mètres) et au pont d'Aquitaine en position haute (55 mètres), ce qui lui confère le titre de plus grand pont levant d'Europe.

3. Des travées arrivées d'Italie par bateau et assemblées comme des Lego

Les travées sont les parties comprises entre les piles du pont, qui une fois assemblées constituent le tablier. Fabriquées en Italie dans la ville de Pordenone, elles ont été acheminées par bateau et ont contourné toute la péninsule ibérique pour enfin arriver à destination. Deux travées fixes pour lier les berges aux piles du pont et une travée centrale, qui elle est mobile. Une fois sur place et positionnée à l'aide de treuils, chacune d'elles est venue s'imbriquer aux bases du pont comme dans un jeu de construction ! Il ne restait ensuite plus qu'à faire les soudures afin de solidariser les
différentes parties de l'ouvrage.

4. Des fondations flottantes tractées depuis Bassens !

Afin d'enraciner la structure des piles du pont au fond de la Garonne, deux embases en béton ont été posées dans le lit du fleuve, ainsi que quatre îlots de protection (que l'on aperçoit depuis le pont). Ces caissons ont été fabriqués à Bassens, à quelques kilomètres du chantier. Et tenez-vous bien, ces blocs de béton colossaux sont parvenus jusqu'au site ... en flottant ! Des pièces allant de 2700 à 6000 tonnes, tractées par des bateaux ! Sachant qu'il a en plus fallu composer avec le courant et les marées. Une fois arrivées, les pièces de béton ont été positionnées à l'aide de treuils, puis remplies d'eau pour enfin s'échouer avant d'être traversées de 20 pieux eux-même bétonnés et arrimés dans le sol. Pas près de bouger !

5. Quelques chiffres pour ̶l ̶a ̶ ̶r ̶o ̶u ̶t ̶e ̶ le pont

Le pont Chaban-Delmas, c'est aussi une multitude de caractéristiques techniques. D'une longueur de 575 mètres (dont 433 mètres de pont principal), et accueille une travée levante de 117 mètres. La largeur varie entre 32 et 45 mètres, comprenant 15 mètres réservés aux voies de transports en commun. La distance entre les pylônes du pont est de 110 mètres et chaque pylône mesure 77 mètres. 2000m2 de verrières viennent fermer les escaliers qui montent le long de chaque pile.

Le pont a été étudié pour supporter le passage de maximum 43 000 véhicules par jour. Côté performance, le partie mobile du tablier se lève en 11 minutes, et redescend dans le même laps de temps. Le pont est conçu pour effectuer environ 60 levées par an. A noter que l'ouverture du pont aura permis de diminuer de 28% le trafic sur le pont de Pierre. Enfin, côté économique, l'édifice aura coûté au total un peu plus de 156,8 millions d'euros répartis ainsi : 105,27 millions pour la CUB, 18,29 millions assurés par l'Etat, 18 millions par le département et enfin 15,24 millions financés par la région.

Prouesse technique, œuvre architecturale, et pièce maîtresse de la réunification des deux rives, le pont s'est parfaitement intégré dans le paysage et la vie bordelaise. Petite anecdote : l'édifice avait un nom tout trouvé lors de sa construction. Reliant les deux quartiers, on l'a longtemps appelé pont Bacalan-Bastide, voire le pont Baba ! Le 22 Octobre 2012, après concertation, c'est un ancien maire de Bordeaux qui inspirera finalement le conseil municipal de la ville et lui donnera donc son nom final : le pont Jacques Chaban-Delmas.

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