Rencontre avec Bent Van Looy

Après quatre albums d’électro-pop dévastatrice au sein du groupe mondialement connu Das Pop, Bent Van Looy s’est offert une petite escapade solo des plus réussies… et, entre-temps, s’est installé à Paris ! Explications.

Comment, et surtout pourquoi, vous êtes-vous échappé de votre groupe ?
Parce que c’était une nécessité ! Je jouais dans Das Pop depuis mes 16 ans, et quand je suis venu passer du temps à Paris pour des raisons amoureuses, j’ai eu envie de rester. Histoire de découvrir cette ville, de me l’approprier… Pendant mes balades, des mélodies me sont venues. Voir un père divorcé manger avec ses enfants à la terrasse d’un café, voilà le genre de scènes mélancoliques que j’ai pu entrevoir et qui m’ont beaucoup inspiré. Bref, je me suis retrouvé à écrire des chansons qui n’auraient pas convenu à Das Pop… Et au bout d’un moment, je me suis retrouvé avec plusieurs titres qui allaient bien ensemble !

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Si vous deviez résumer Paris ?
C’est une ville faite pour marcher seul. Il y a juste assez d’espace et de lumière pour que les humains y évoluent. Alors que beaucoup de villes du monde sont faites uniquement pour le travail. J’aime ce rythme de vie parisien, pas trop rapide ni trop mou.

Et la rive gauche ?
C’est le cinéma ! On y cultive le goût des vieux films à chaque coin de rue…

Passer du collectif au solo, est-ce une épreuve ou une libération ?
En fait, c’était stressant de se retrouver seul en studio. À l’origine, je ne suis que batteur et chanteur, mais là, je devais aussi assurer au piano. Je m’entrainais dans la chambre de mon appartement parisien. Coup de chance : l’un de mes héros, Jason Falkner (une pointure du rock indie américain, ndlr), qui habite à Los Angeles, m’a appelé pour me proposer de venir enregistrer chez lui. À ce moment-là, j’étais de passage en Californie, cela tombait bien. Nous avons fait cet album à deux, en deux semaines.

Qu’est ce que signifie Round the bend, le titre de l’album ?
Il y a toujours des endroits que l’on ne connaît pas… Il faut toujours chercher à passer à l’étape suivante. Je suis tourné vers l’avenir, vers l’inconnu, l’abstraction, même si mon album est assez nostalgique.

Et pourquoi cette tête de clown triste sur la pochette de l’album ?
Par hasard. J’étais à Los Angeles le jour d’Halloween. Réalisant qu’il fallait participer ne fût-ce qu’un peu à la fête, je me suis déguisé à la dernière minute et peinturluré avec du maquillage pour enfants. Cette image traduit la tristesse de cet album, pas évidente puisque la musique reste très… pop !

Comme beaucoup de premiers albums solo, ce disque est-il un autoportrait ?
C’est très différent de Das Pop, mais il me ressemble beaucoup. Je voulais que ce soit honnête, ouvert et fragile à la fois… Ambivalent, comme moi ! Je n’aime pas que les choses soient toutes noires ou toutes blanches…

Les Bonnes Adresses de Bent

La Pagode : 57 bis, rue de Babylone – 7e
“Un immeuble incroyable, un peu bizarre…”
Le Mirama : 17, rue Saint-Jacques – 5e
“Un restaurant cantonais vraiment excellent, avec des longues tables conviviales. Même si on l’évitera pour des dîners romantiques, la nourriture fait rêver !”
Musée Rodin : 79, rue de Varenne – 7e
“Un lieu artistique essentiel, un havre de calme à Paris, une œuvre encore prégnante… Impressionnant !”

Bent Van Looy, Round The Bend (EMI)
Dans les bacs depuis fin août
www.bentvanlooy.com
Page Facebook

© Sophie Rosemont
© Photo Dimitri Van Zeebroeck

La Rédac'