paganisme - le bonbon - © DR

«Paganisme», expo de Kashink

Rencontre avec une nana super cash

Vidéo, sérigraphies en édition limitée, toiles, céramiques : en mars, la Galerie 13 met à l’honneur les oeuvres de Kashink, une nana super cash.

 

 

Tu fais du graff, du street art ?
Je me définis avant tout comme peintre et artiste pluridisciplinaire. J’ai toujours aimé toucher à tout en terme de créativité, c’est ça qui m’a amenée à peindre sur les murs et à coller des personnages dans la rue. Comme je peins presque exclusivement des personnages, c’est dif- ficile de relier ma peinture au graffiti pur et dur. Le terme street art est un peu flou, je trouve, mais pour- rait mieux correspondre à ce que je fais. Dans mes expositions, je cherche à casser un peu les limites de ce que peut représenter la peinture à la bombe, qu’on l’appelle graffiti ou street art. Quand on expose ,on n’est plus dans la rue, et il me semble que c’est là jus- tement que la créativité de l’artiste doit s’épanouir, au delà de la bombe ou du mur.

D’où vient cette fascination pour les rites religieux ?
J’ai eu une éducation religieuse très stricte, dans la tradition orthodoxe, c’était très beau mais aussi très pesant, on allait à l’église russe de Sainte-Gene- viève-des-Bois, je chantais même dans le choeur… J’ai acquis une culture générale sur la religion, et je me suis détachée de tout cela à l’adolescence. Je me suis mise à écouter du black métal, c’était le péché suprême. Je me suis fait confisquer mes casset- tes et autres posters pas mal de fois…

 

 

Par la suite, j’ai continué ma petite réflexion personnelle sur le sujet et j’ai commencé à m’intéresser aux rituels en général, notamment par le biais du tatouage, dont je voulais faire mon métier. Les rituels de passage, les cérémonies, les offrandes, tout ça me parlait, et m’ouvrait les yeux sur une nouvelle manière d’abor- der notre rapport au spirituel.

Quelles réponses à tes interrogations spirituelles apportes-tu par ton art ?
Le christianisme a tendance à séparer le corps et l’esprit, comme si le premier était sale et qu’on ne devait aspirer à n’être qu’une âme pure et détachée du corps. Cela m’a toujours semblé totalement absurde. J’ai commencé à peindre en faisant des portraits de « Sanctificados », j’avais pensé à l’idée idiote de considérer que certaines personnes, dans l’histoire de l’humanité, étaient considérées comme saintes et donc dignes d’êtres vénérées, supérieures aux autres en gros. Mes portraits étaient des gens nor- maux, des hommes et des femmes de chair et de sang, que j’avais « sanctifiés » dans mes peintures. J’ai continué à peindre des portraits, et à dévelop- per mon style autour de figures dénotant avec notre esthétique : des hommes gros, poilus, tatoués sur la face et avec quatre yeux.

Athée ?
Je suis athée car je ne crois pas à l’existence d’un Dieu tout puissant qui a créé le ciel et la terre, je pense que Jésus devait être un mec particulièrement charismatique et éloquent, et que peut-être il avait des super pouvoirs, comme les gens qui peuvent guérir les brûlures par exemple. Cela m’intéresse vraiment de me pencher sur ce genre de dons, mais aller à la messe tous les dimanches… j’ai donné ! Je garde quand même une certaine fascination pour la foi, qui est totalement à part de la religion selon moi. Tes projets ? Espagne en Mars, Californie au prin- temps, conférence sur mes peintures murales à l’Université de Reno, Nevada, et Biennale d’Art Contemporain du Havre en 2013 !

 

Kashink
Site web : www.kashink.com
 
Exposition “Paganisme”
Du 6 au 31 mars à
Galerie Ligne 13
13, rue La Condamine – 75017
 
©Texte Annabelle Ruchat – Photo Atome www.atomephoto.com