On voulait en connaître en peu plus sur celui qui vient de sortir Forty-Eight hours, l’un des albums les plus aboutis de cet automne. Alors on a pris un rendez-vous, on s’est ensuite assis face à face dans un bar et on lui a posé plein de questions. On sait désormais qu’en plus d’avoir du talent, Yan Wagner a de l’humour. Extraits.
Ton premier album est le fruit de ta collaboration avec Arnaud Rebotini. Pourquoi t’être tourné vers lui ?
On s’est rencontrés au Social Club car on faisait une date ensemble il y a un an et demi. On a vachement discuté après, et c’est un peu lui qui m’a dit « Ben moi, ton prochain album, je te le produis… » À l’époque, je n’avais pas de label du tout, je suis allé le voir chez lui dans son studio. On s’est vu plusieurs fois, il voulait écouter les morceaux au fur et à mesure que je les faisais… Ensuite il y a eu ce deal avec Pschent, et j’ai officialisé ma collab’ avec Arnaud. C’était vraiment la personne qu’il me fallait.
On va jouer à un petit jeu con. Tu vas choisir tes albums préférés de tous les temps dans ces quatre styles musicaux : italo disco, cold-wave, new-wave, techno.
Hum, dans l’italo disco, Giorgio Moroder. Et puis du Alexander Robotnick aussi. Après, la dif- férence entre cold-wave et new-wave, j’ai jamais bien compris ce que c’était..Oui, je crois qu’il n’y a qu’en France que l’on fait cette différence. Disons que c’est du post-punk avec des sonori- tés plus froides… C’est vrai qu’on a un peu cette manie de sub-diviser à l’infini. Je pense à Alles Gut de D.A.F et à Fireside Favourite de Fad Gadget, c’est vraiment post-punk du coup. Et en électro/ techno, le premier truc qui m’a fait tripé, c’est le maxi My Definition of House Music de DJ Hell.
Tu es d’accord avec moi si je te dis que ces styles musicaux sont les lignes-forces de ta musique ?
Oui, il y a vraiment un soubassement techno, c’est d’ailleurs pour cela que je me suis tourné vers Rebotini. Après, pour l’italo, je dirais plutôt euro disco… C’est vrai que l’on me rattache souvent avec la new-wave, et qu’on oublie le côté disco de ma musique. Dans mes disques, il y a par exemple plus de dérivés du disco (house, techno) que de la new-wave.
Dans le morceau Forty-Eight hours, d’où dérive le nom de l’album, tu aimerais qu’il y ait 48 heures dans une journée. Ce qui implique 24 heures de nuit.
Oui, c’est peut-être une formule un peu con, ça ramène aussi à 24 hours Party People… J’aime pas tant que ça les Happy Mondays mais j’admire le label Factory, donc je trouvais ça marrant… Le morceau est très New Order et j’ai décidé d’assumer cette influence à fond. Et puis cette phrase, c’est aussi un petit clin d’oeil à Pascal Ory, un prof que j’ai eu à la fac durant mon cursus d’histoire. Ce mec était super actif et il disait tout le temps qu’il fallait 48 heures dans une journée.
Pourquoi avoir attendu Etienne Daho pour t’entendre chanter en Français ? Comment s’est passé votre collaboration ?
Je l’ai rencontré suite à un remix des Amoureux solitaires pour un hommage à Jacno. On m’a ensuite proposé d’être dans le line up du concert et d’interpréter Les nuits de la pleine lune, et là, on a sympathisé en backstage. Quelques mois plus tard, mon album a commencé à prendre forme, je lui ai proposé d’y participer, il était OK et j’ai halluciné. Je me suis dit que c’était un peu con de faire un truc en anglais avec lui, donc on a co-écrit le texte. Et la mélodie aussi. Par contre, chanter en français n’est pas pour l’instant quelque chose de naturel pour moi.
Ton remède anti-gueule de bois ?
Une bière. Avec du maquereau.
® MPK
Photo : Marie Athénaïs

































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