C’est au tour de l’artiste flamand Wim Delvoye (prononcer Ouim) de prendre ses quartiers au Louvre. Tout comme ses prédécesseurs Jan Fabre, François Morellet et Anselm Kiefer, l’artiste controversé investit une galerie du célèbre musée en vue de la faire redécouvrir au public. Cette année ce sont les appartements Napoléon III qui sont revisités. Une mise en scène qui secoue autant qu’elle fait sourire.
Provocateur forcené, excentrique maîtrisé, Delvoye sévit sur la scène de l’art contemporain depuis plusieurs années. Ses œuvres surréalistes fleurissent sur les foires internationales, on ne compte plus les happenings et autres coups médiatiques de l’artiste qui ont ébranlé l’opinion. Delvoye a gagné ses premiers galons en élaborant son célèbre « Cloaca », installation mécanique aux consonances scatologiques, qui reproduit le système digestif humain. Autres emblèmes de l’artiste : d’inquiétants cochons (attention il s’agit de vrais cochons !) engraissés et tatoués tels des punks replets, accédant ainsi au statut sélect d’œuvres d’art. De quoi bousculer les âmes délicates…
C’est donc non sans une certaine appréhension que nous avons foulé les appartements Napoléon III du Louvre, lieux connus pour leur luxuriance et leur classicisme suranné. Les œuvres décalées et caustiques de Delvoye sont bien là, mais contre toute attente, elles se fondent avec discrétion dans ce décor cossu.
On est resté pantois devant la statue revisitée de Daphnis et Chloé. La version de Delvoye, faite de bronze, suit le mouvement d’une hélice qui lui confère sa forme en spirale. Puis un sourire irrépressible a fait frémir nos lèvres quand on a découvert les statues imbriquées d’une biche et d’un cerf s’essayant à la position du missionnaire (petite précision : celle du Kamasutra). Mais notre coup de cœur revient sans conteste aux cochons (encore et toujours). Taillés dans des tapis indiens de soie (jamais animaux de ferme n’auront revêtu d’aussi nobles atours), dont les imprimés psychédéliques rappellent des tatouages stylisés, ces drôles de bestioles se juxtaposent aux tapis impériaux, leur insufflant un look rock.
L’artiste a également créé une sculpture destinée à trôner sous la Pyramide jusqu’en décembre : une flèche gothique qui répond au doux nom de « Suppo ». Parée d’une dentelle d’acier, elle est torsadée en un twist moderne. Cette installation incongrue fait déjà tourner les têtes des visiteurs qui se demandent bien quel vent de folie souffle sur leur Louvre chéri en ce moment. Un vent venu du nord peut-être… allez donc faire un tour sur son site web, tout aussi barré.
Wim Delvoye Jusqu’au 17 septembre 2012 Tous les jours de 9h à 18h, sauf le mardiNocturnes mercredi et vendredi jusqu’à 21h45 Musée du Louvre – 75008 Paris Site web : www.wimdelvoye.be ©Chloé Brézet / SR Pascaline Lechene


































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