10 Minutes à Perdre - Le Bonbon

10 minutes à perdre

L'ennemi de votre productivité

LA vraie bonne idée de l’ère ultra connectée. Et ses 60 millions de vues prouvent le succès de la web série 10 Minutes à perdre (diffusée sur le site du même nom). Considéré comme la version française du site Funny or Die fondé par l’acteur Will Ferrel, 10MAP jette un pavé dans la marre en revisitant les codes de l’humour. De la publicité virale au remake de film, Monsieur B. alias Baptiste, Captain Gentil aka Hugo et Grandpamini le doyen, créent le buzz sur la toile en se mettant en scène dans des vidéos décalées, pour ne pas dire davantage.

Car 10 minutes à perdre, c’est aussi et surtout l’histoire de trois gars qui s’écrient chaque jour « vas-y, on le fait, on va se marrer ! » Bienvenue dans une galaxie parallèle où (presque) tout devient possible. « Les codes de l’humour ont été stérilisés au cours des dix dernières années. Avec 10MAP, on veut montrer qu’il est possible de rire de tout », explique Baptiste le fondateur du site qui cumule aujourd’hui plus de 2,5 millions de visites par jour.

Dans cette galaxie où l’on revendique (pour une fois) le droit de perdre son temps, on exprime ses idées politiques, on crée de nouveaux produits comme la Coke en Spray et on se paye même le luxe de parodier The Artist en The Fartist. La plupart des vidéos réalisées par ce trio de pré-trentenaires s’inspire de situations réelles. A ceci près que les trois compères ont pris le soin d’ajouter une bonne dose de dérision, allant même parfois jusqu’à fouiller dans les tréfonds du ridiculement absurde.

10 Minutes à perdre marque le grand retour du comique de situation version 2.0 et s’impose comme le nouveau porte-voix de toute une génération qui considère le rire comme un exutoire. Le mauvais goût, certes ils en usent et parfois même en abusent, mais sans jamais transgresser le commandement suprême : « Sans lui manquer de respect, ton prochain tu feras rire », récite Hugo.

Car sur l’autel de la plaisanterie moderne, 10 Minutes à perdre sacrifie l’idée du politiquement correct au profit d’un rêve plus grand. Celui de la liberté de ton. Et pour en arriver à imaginer des situations aussi loufoques, il faut une bonne dose de talent et de professionnalisme car sur le web, tu meurs comme tu nais. Et «c’est un vrai boulot. La preuve, on a des bureaux » plaisante Baptiste.

10 minutes à perdre
Site web : www.10minutesaperdre.fr
 
©Emilie Vidaud