discodeine - le bonbon nuit

Discodeine

Drogue Dure

Après une poignée de maxis et de remixes prometteurs, le duo parisien kraut-électro discodeine sort enfin son premier album qui confirme tout leur talent et entraîne une forte dépendance. entretien avec ses deux entités : Pilooski et Pentile.

Qui êtes-vous Cédric (Pilooski) et Benjamin (Pentile) ?

Cédric : 1,80 m, brun. J’habite à Poitiers-sur- Seine. Benjamin : 1,82 m, châtain auburn blond. J’habite à Brest-sur-Marne. Des cours de flûte à bec, beaucoup de travail puis enfin la reconnaissance.

Quels sont vos plus grands points communs ?

Le français est notre langue maternelle à tous les deux. Sinon, on fait aussi de la musique tous les jours. On ne se complète pas, on « s’additionne ».

Quand vous avez débuté Discodeine en 2007, quel genre de musique vouliez-vous faire ?

De la musique pour les clubs de sport… Une euro- dance très rapide et entraînante pour éliminer les « kilos superflus ». Plus sérieusement, une musique de club assez funk mais hantée. Contaminée par des textures qui ont plus à voir avec l’univers des films d’épouvante. C’est tout simple mais on sou- haitait juste faire une musique qu’on n’entendait pas autour de nous.

Votre nom résume-t-il votre musique ?

Dans ce nom, il y a un côté dansant et un aspect plus ralenti, étiré, maladif, mental, introspectif.

Comment avez-vous découvert la musique électronique ?

Sur des disques en vinyle, dans des magasins en pierre.

Quelle est la différence entre faire un remix pour Metronomy, Bot’ox, Photonz, Yelle… et un morceau de Discodeine ?

On ne chante pas comme Yelle, ni comme Metronomy. Les morceaux à remixer sont juste de la matière que l’on re-travaille aussi consciencieusement que si c’était nos propres titres. C’est plus ou moins inspirant.

Votre son a-t-il évolué entre la sortie de vos différents maxis et ce disque-là ?

On espère. On a progressé. On est passé du mono à la stéréo. Ceci dit, certains morceaux sortis initialement en maxis sont aussi présents sur l’album qui est une rétrospective de notre évolution de 2007 à aujourd’hui.

Sur cet album, vous semblez toujours essayer de chercher la nouveauté en musique, c’est quelque chose d’important pour vous ?

Oui, c’est essentiel, sinon, quel intérêt ? S’il n’y a pas un minimum de surprise, d’inventivité, si tout est prévisible ou référencé, à quoi bon ? Beaucoup de gens se rassurent en choisissant dans les nouveautés des disques qu’ils ont l’impression d’avoir déjà entendus. Nous, c’est l’inverse. On se lâchera plus encore sur le deuxième album.

Pourquoi être allés chercher Baxter Dury, Matias Aguayo et Jarvis Cocker, alors que votre musique est plutôt instrumentale ?

Parce qu’on aime aussi les chansons, le format pop en particulier. Ces morceaux sont des sortes de portes d’entrée pour rentrer dans un album dont certains titres sont moins évidents à la 1ere écoute.

Vous êtes signés sur le label D-I-R-T-Y, et Pilooski tu écris sur le blog www.alainfinkielkrautrock.com, de quels autres Parisiens vous sentez-vous proches ?

De tous ceux qui nous prêtent de l’argent et nous vouvoient.

Où sortez-vous à Paris ?

Nous sortons peu. à part pour les soirées organi- sées par Dirty & Pilooski au Social Club. De toute façon, il y a peu de lieux à Paris. Le Rex et le Point Éphémère restent aussi des lieux respectables. Paris, c’est pas la fête car l’esprit n’est pas « bon enfant » et ce n’est pas aventureux musicalement. Les gens viennent rarement pour la musique mais pour se montrer ou « trouver un emploi ». Et les gestionnaires de club sont sou- vent, à quelques exceptions près, plus des limonadiers qui veulent faire du chiffre et de l’image, la musique est le cadet de leurs soucis. Paris est plus une ville consacrée au cinéma où il est possible de voir un film lituanien le dimanche matin. Pour le clubbing, en Europe, allez plutôt en Allemagne, en Belgique, en Espagne ou en Angleterre.

Quels sont vos cinq adresses fétiches à Paris ?

Gare de Lyon, gare Saint-Lazare, gare de l’Est, gare d’Austerlitz et gare Montparnasse. Les sand- wichs de gare sont toujours les meilleurs.

discodeine — Discodeine d-i-r-t-Y
En live le 11 février au Point éphémère, dès 23h.
 
® Violaine Schütz – Eric Beckman